Page couverture et article de Marie-Luce Pelletier dans Montréal Campus, le journal étudiant de l’UQAM, du 12 janvier 2005.
Montréal Campus
12 janvier 2005
Le vent dans les poils
Les Moquettes Coquettes ont été consacrées reines de la programmation culturelle de CHOQ. Souveraines qui trouvaient leur royaume trop petit, elles se lancent en croisade, déterminées à convertir des fidèles à travers le Québec, bien au-delà du triple W.
Marie-Luce Pelletier
Moquette, selon Le Petit Larousse : «Tapis vendu au mètre, cloué, ou collé, souvent d’une seule couleur, recouvrant généralement tout le sol d’une pièce.» Définition erronée pour qualifier les cinq filles des Moquettes Coquettes (MCs), qui recouvrent, de leurs multiples couleurs, le sol médiatique québécois. «C’est comme des montagnes russes qui ne descendent jamais!» À l’instar de ses acolytes, Marie-Hélène Taschereau, cofondatrice et animatrice des Moquettes Coquettes reçoivent… elle capote. Après avoir amorcé la saison radiophonique en catastrophe avec un nouveau concept «enfanté à l’Après-Cours de l’UQAM», comme le dira Valérie Caron, autre MC, quatre émissions auront suffi au quintette de diplômées en communications pour se tailler une place de choix dans le cyberpaysage et étendre leur coquetterie bien au-delà de CHOQ.FM. Marianne Prairie, Laurence Desrosiers et Evelyne Morin viennent compléter ce groupe de filles tricotées serrées, qui veulent avant tout avoir du plaisir en ondes comme dans la vie.
Le plaisir croît avec les Moquettes
Après quelques saisons en studio, un temps de réflexion s’imposait pour les filles. «Stop ou encore?» Un changement était nécessaire. Ce qui allait propulser les cinq MC dans la cour des grands est une idée de Marie-Hélène. Fouettée par un commentaire du genre «Les Moquettes, vous avez du potentiel, mais vous ne vous en servez pas!», elle rencontre les filles l’été dernier pour leur exposer un tout nouveau concept. Les filles embarquent. Seul bémol, les locaux de CHOQ sont devenus trop petits pour leurs ambitions. Elles choisissent donc de commettre ailleurs ce qui deviendra leur émission-spectacle mensuelle, dans un bar, n’importe lequel. Il ne reste plus qu’à trouver le proprio courageux qui les hébergera. «On a plus de fun quand on est en groupe. On est plus en confiance. Aussi, on y croit, aux Moquettes!» affirme avec émotion Marie-Hélène. L’idée est simple. Chaque mois, elles reçoivent un groupe musical local, à leur plus grand plaisir. «On s’est rendu compte que l’on était meilleures quand il y avait du monde avec nous, comme si on voulait les impressionner!» ajoute Marie-Hélène.
Coquines, elles n’hésitent pas à user de leurs charmes pour parvenir à leur fin, surtout auprès de ces messieurs qui composent majoritairement les groupes qu’elles reçoivent. Grâce à ce jeu de séduction, qui captive rapidement l’auditoire, une complicité tacite s’installe entre elles et leurs invités.
Les Moquettes sont féminines et superficielles, mais intelligemment drôles et décapantes. Une espèce d’hybride entre Martha Stewart et Françoise David, doublée d’un humour brillant et d’un vocabulaire à faire rougir Le Petit Larousse. Pas étonnant que tout ce qu’elles touchent se transforme en succès. «C’est bien simple, on a jamais d’obstacles! Tout va trop bien!» dit euphoriquement Marie-Hélène. Marianne, qui est la seule inscrite au baccalauréat en multimédia, a conçu le site Internet qui a accueilli, depuis leur une du cahier LP2 dans La Presse, son deux millième visiteur. Même si tout semble rose nanane au pays des Moquettes, elles triment dur et bénévolement, pour donner toute la visibilité à leur talent et à leur potentiel.
Valérie signe un populaire radio-roman; les auditeurs en redemandent. Évelyne s’occupe de convier les invités. Laurence fait un peu de tout. Elle est la «femme à tout faire». Marie-Hélène aide Évelyne et assure l’animation. «Après avoir travaillé 40 heures semaine cet été sur les Moquettes, présentement, je regarde un peu le bateau aller… avoue-t-elle; mais, comme les Moquettes est notre priorité, nous travaillons toutes vraiment fort.» Fortissimo, en fait, car elles sont toutes responsables d’une chronique qui meuble l’heure et demie d’émission. Marianne s’occupe de notre éducation en veillant sur nos bonnes manières et notre savoir-vivre avec la chronique. Être femme au féminin. Valérie revendique le droit de faire quelque chose, comme détester son public ou être cochonne. Évelyne s’improvise maîtresse du air guitar ou du Twister avec sa chronique interactive. Laurence fait dans la biologie, avec sa chronique digne d’un dictionnaire médical désopilant. Marie-Hélène, pour sa part, interviewe les invités.
Bonne fée relationniste
«Beaucoup de gens au début me disaient que ça n’avait pas d’allure de faire du PR pour ça, parce qu’on parle ici de cinq jeunes filles animatrices, pas connues, qui font un show radio sur un site Internet universitaire!» dit la «bonne fée Sophie», ainsi nommée par Valérie. L’arrivée de leur relationniste et sixième MC, Sophie Goyette, a donné un énorme coup de pouce aux filles pour se faire connaître des médias québécois. «On lui doit beaucoup. Aucune n’avait envie ni ne se sentait capable ou n’avait le talent de faire la relationniste», raconte Marie-Hélène. Depuis ce temps, Sophie se dévoue corps et âme pour les Moquettes. «Je n’arrête pas de leur dire que tout est possible. Je crois beaucoup en elles. Elles n’en croyaient pas leurs yeux quand elles ont commencé à voir leurs binettes dans les quotidiens et à la télé.»
Passant des journées entières au téléphone, Sophie a expliqué sans relâche le concept de l’émission à des journalistes recherchistes, comme Louise Rousseau, affectatrice au secteur culturel à Radio-Canada. Et, avant même d’avoir fait une seule émission, elles avaient déjà un entrefilet dans le cahier LP2 ; elles comptent parmi leurs admiratrices Nathalie Collard, la rédactrice en chef de ce cahier. À leur dernière prestation, elle était accompagnée d’une amie, la chef-recherchiste de Tout le monde en parle…
«Le ciel est la limite !»
«Les gens me disent qu’ils n’en reviennent pas, que ça va trop vite, mais je crois au contraire que tout est possible et elles le méritent amplement, explique Sophie Goyette, nous faisons ça pour le plaisir, nous avons toutes d’autres occupations respectives dans la vraie vie.» Mais, la vraie vie ressemble de plus en plus aux Moquettes Coquettes. Elles s’étaient donné un an pour signer un contrat de télé, il n’aura fallu que trois mois. Comme leur contrat ne leur permet pas d’en dire plus, il faudra attendre quelques semaines pour avoir des détails croustillants. «Il s’agit de la première étape, mais ça va bien!» confie Marie-Hélène, qui refuse de se faire tirer les vers du nez.
Pour la Saint-Valentin, les filles s’en promettent tout une. L’Escogriffe devenu trop petit pour leur gloire soudaine, elles offriront un spectacle au Cabaret Music-Hall avec les deux hommes de leurs fantasmes, Dumas et Vincent Vallières. Le défi: remplir la salle de 300 places. Leur producteur veillera à ce qu’il n’y ait aucune place vide. La prestation promet roucoulements et battements de cils… Les Moquettes à leur meilleur. Avec leur charisme, elles redonnent du glamour à l’humour. Et, Moquettes Coquettes, ça rime bien avec vedettes…
Site Internet des Moquettes Coquettes: www.moquettescoquettes.com
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