Article sous la forme d’un bilan, à la veille de leur première au National avec les Dales Hawerchuk, dans le journal uqamien Montréal Campus du 5 avril 2006.
Coquettes, pas simplettes!
Marie-Luce Pelletier-Legros
Si les Américains ont toujours eu leur Countdown to the Oscars , les Québécois ont depuis peu leur Tapis rouge avant les Jutra . Moins glamour que celui de nos voisins, le décompte avant le gala a pris cette année ses grands airs avec les Moquettes Coquettes. Fidèles à elles-mêmes, complètement groupies et hautes en couleur, elles ont relevé le défi proposé par ARTV avec brio.
Rencontrées dans un minuscule café anonyme, quatre des cinq MC —Évelyne, Laurence, Marianne et Marie-Hélène— et la Moquette invisible, l’infatigable relationniste Sophie Goyette, sont encore visiblement fatiguées de leur première animation télévisuelle, en direct s’il vous plaît. «C’était vraiment hallucinant, comme une guerre mondiale le fun, raconte Laurence, encore excitée, attablée devant son énorme sandwich au poulet tandoori. Cette nouvelle formule était complètement folle!»
«Lorsqu’on est en direct, tout peut arriver et tout est arrivé!» explique Évelyne. Malgré quelques pépins, des artistes qui ne se présentent pas, la technique qui flanche quelques minutes avant d’entrer en ondes, les cinq Moquettes sont très heureuses du résultat. «On pouvait sentir la frénésie du pré-gala dans le décompte, dit Marie-Hélène. Il n’y avait pas de temps mort. On a tout donné comme dans un spectacle, il ne manquait que les applaudissements.»
Tout le monde en parle
Leur passage à Tout le monde en parle en février 2005 a suscité plus de remous que leur passage à Deux filles le matin la même semaine. Les réactions ont été extrêmement polarisées et allaient du «Elles sont complètement folles! On adopte!» au «Elles sont vulgaires et épaisses!», (il s’agit là de la version polie). Mais les cinq diplômées du baccalauréat en communications ne se défilent pas et assument fièrement leur première participation à ce «gros party télévisuel». «On a essayé d’être vraies et spontanées. C’est dans notre personnalité de rire de nous-mêmes, de ne pas se prendre au sérieux et de rétorquer», lance Évelyne. Même Guy A. Lepage s’est laissé prendre et a été surpris de leur «performance». «Notre but, c’était de ne laisser personne indifférent. À deux millions de cotes d’écoute, c’est un gros risque, mais je crois qu’on l’a relevé», précise Marianne.
Les gens qui n’ont pas su faire la différence entre les Moquettes Coquettes et les Évelyne, Laurence, Marianne, Marie-Hélène et Valérie de tous les jours, ne comprendront jamais rien à leur univers de groupies-stars . «Sans entrer trop dans les détails, on est toutes très stables et même straight dans nos vies privées», précise Marie-Hélène.
Ploguées … Non, jamais!
Si ce quintette de jeunes inconnues est rapidement devenu la coqueluche du monde artistique montréalais, elles en sont les premières surprises. Elles précisent qu’elles n’ont jamais été ploguées et n’ont jamais été impliquées dans de douteuses pratiques sexuelles avec des producteurs pour se rendre où elles sont. «Depuis le début, on travaille vraiment toutes très fort, se défend Évelyne. Et on a eu la chance d’avoir Sophie et d’être entourées de gens qui croyaient aux Moquettes»,
Au début, elles conciliaient un boulot plus ou moins stimulant, la préparation des shows des Moquettes et s’occupaient des finances, des invités, du site Internet… Alouette! «Le train va vite. Certaines personnes près de toi ont des doutes. C’est un peu dur de réaliser et d’expliquer ça rationnellement», ajoute-t-elle. À ceux qui les accusent d’opportunisme, elles répondent avec une phrase de leur «mentor», le professeur de communications qui leur a enseigné à l’UQAM, Réjean Gaudreault : «On ne vole pas la place de personne, on fait NOTRE place!»
Moquettiser la télé
Leur place, elles la tailleront bientôt à la télé. En décembre dernier, elles ont tourné une émission pilote à Radio-Canada. «C’est vraiment au Cabaret Music-Hall que l’on a trouvé notre formule de spectacle», explique Marie-Hélène. Elles s’entendent toutes pour dire qu’elles n’ont pas encore trouvé la manière de transposer à la télé la véritable énergie scénique qui les anime. «On veut que notre complicité crève l’écran. Il y a une chimie réelle entre nous», raconte Laurence. Les Moquettes continuent de plancher sur leur projet et brainstorment activement en ce moment.
Depuis qu’elles ont goûté à la vie à cinq et à la vie de scène, jamais elles n’envisageraient de faire du 9 à 5 dans un bureau. «Qui a la chance de travailler avec ses quatre meilleures amies?», s’exclame Évelyne. En attendant de voir la binette des Moquettes à la télé, elles poursuivent leur série de spectacles en compagnie des groupes qu’elles apprécient. Le 13 avril, la fièvre des séries éliminatoires s’emparera du Théâtre National et des Moquettes Coquettes, alors qu’elles reçoivent les Dales Hawerchucks dans une ambiance festive de vestiaire. Ça promet.
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