Le dossier de presse des Moquettes Coquettes

Notre vie médiatique dévoilée au grand jour

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La lorgnette des Moquettes

1 March 2008 · Pas de commentaire

Couverture Gazette des femmes

Page couverture et article de fond sur les Moquettes dans La Gazette des femmes de mars-avril 2008.

Via La Gazette des femmes: un extrait de l’article

Photo de Caroline Hayeur

La lorgnette des Moquettes

Les Moquettes Coquettes, c’est un ton, mi-cynique, mi-bon enfant, ainsi qu’un regard démultiplié sur les petites et grandes bêtises qui nous enragent ou nous font crouler de rire. Un savoureux mélange d’engagement et de superficialité. Exploration de la planète femme par cinq lorgnettes impénitentes.

| par Ariane Émond

« Performeuses », filles de radio et bêtes de scène, Marianne, Evelyne, Valérie, Marie-Hélène et Laurence sont toutes dans la mi-vingtaine. Soudées par l’amitié et leur projet de filles depuis cinq ans, les Moquettes Coquettes forment un cocktail rose fuchsia de charmantes effrontées, sur fond de féministes soft et de croqueuses de musique actuelle. Leur credo n’a que deux dogmes : le droit de tout dire sur la fêêêêmme d’aujourd’hui et un appétit pour le plaisir qui croît impunément.

Les Moquettes collaborent à tous les types de médias (Web, radio, télé, journaux) et constituent un alliage - et une alliance ! - inclassable de jeunes féministes qui revendiquent l’engagement et la superficialité ! Elles ont 25, 26 ans, font de la radio communautaire, montent des spectacles échevelés, endossent des causes, écrivent beaucoup. La musique émergente les passionne toutes les cinq. Elles rêvent aussi à l’unisson d’une vie de famille tricotée serré et d’avoir leur show de télé. Chose certaine, elles sont déterminées à dire avec force dérision combien le monde et les femmes ont encore besoin de changer.

Ces belles délurées chantent, se trémoussent, « sketchent », parodient et rigolent énormément tout au long des dizaines d’heures qu’elles passent ensemble chaque semaine. Elles sont devenues amies et complices à l’UQAM, au temps béni où elles faisaient leur « bac en comm ». « Oui, oui, on est de vraies amies. Et on est tellement tannées de répondre que ben non, on ne se chicane pas sans arrêt ! Si vous saviez comme cette idée a la vie dure, qu’une gang de filles qui bossent ensemble, ça doit être l’enfer ! » ricane Marie-Hélène.

C’est d’abord un projet de radio étudiante à CHOQ.FM qui les a soudées et mises au monde en 2002 autour de ce nom hilarant qui dessine des points d’interrogation dans nos yeux. « Moquettes, on l’a piqué dans une chanson de Charlotte Rampling, raconte Marianne. “Je me moquette, je me transate…” pour exprimer la joie de se la couler douce. C’est tout à fait notre genre : tout pour le plaisir ! Et Coquettes parce qu’on est des filles fières de l’être jusqu’au bout de nos ongles d’orteils écarlates ! »

« Un jour, nous aimerions être Moquettes Coquettes à plein temps », ajoute Evelyne. Malgré une grande visibilité et des contrats variés, le groupe n’arrive pas encore à faire vivre confortablement les cinq jeunes femmes - plus une sixième, la Moquette secrète, l’agente-relationniste. Pour tout concilier, les Moquettes ont un agenda digne d’une première ministre ! Entre leurs innombrables séances de brainstorming et l’écriture des textes, elles doivent coincer les répétitions, leurs cours de chant, les entrevues, les tournages des clips pour leur site, en plus d’animer les événements qu’elles soutiennent, de nourrir et de coanimer une émission de radio hebdomadaire (à CIBL) et de se répartir un blogue quotidien (sur le site de Voir). À travers tout ça, elles doivent ménager du temps pour leur vie de couple et leurs activités professionnelles individuelles qui mettent un peu plus de beurre sur leurs épinards.

Chouette quintette

Quand on interviewe les Moquettes, la réponse de l’une est régulièrement achevée par celle de deux ou trois autres, comme si la même idée coulait dans leurs neurones. Malgré un sens de la répartie à géométrie variable, les MC se complètent à plus d’un titre. Sans s’afficher comme des sexe-symboles, elles sont sexy chacune à leur manière, heureuses de projeter une image multiforme de filles de 20 ans. « Les Moquettes offrent un bel échantillon de corps de femmes bien dans leur peau, crâne Laurence. C’est sûr que, personnellement, j’aimerais mieux mon corps s’il “fittait” sur un poteau de danseuse… » ironise-t-elle. « Je me suis beaucoup féminisée au contact de mes amies. Je me suis réconciliée avec mon grand corps élancé, j’ai appris à dévoiler ma poitrine », raconte Evelyne, ses 5 pieds 8 pouces et son décolleté plongeant assumés.

« Dans nos sketchs, l’autodérision prime, poursuit Valérie. On projette en photos nos looks de jeunesse pas toujours flatteurs, on tourne à l’envers nos angoisses de ne jamais se sentir correctes, on ironise sur le maudit tabou de la cellulite, bref, sur cette maladie mentale qui nous travaille parce qu’on est obnubilées par le body, inadéquat, dont on a hérité… » En spectacle, Valérie donne une inoubliable leçon d’aérobie, véritable séance de torture qui fait crouler la salle de rire.

Les Moquettes sont des filles de leur génération, branchées, pro-environnement, favorables aux femmes en politique, mais avec la valeur famille en tête de leurs prio­rités. Elles ne bafouillent pas en se déclarant féministes : leurs mères l’étaient - parfois de manière flamboyante - et leurs pères étaient plus roses que la moyenne. « Pendant toute ma jeunesse, j’ai cru que la vaisselle, c’était un job de gars ! lance Laurence. Inutile de dire que ça a été clair rapidement que je n’allais torcher personne dans ma vie ! » Pour elles, le grand acquis des femmes reste la liberté de choix, de tous les choix de vie possibles. Y compris celui de rentrer chez elles pendant quelques années pour s’occuper de leur famille.

Elles réprouvent en chœur les propos « anti-maternité » de Simone de Beauvoir, qui affirmait que les femmes devaient accorder la priorité à leur autonomie financière et à leur épanouissement professionnel. « Encore aujourd’hui, le discours sur la maternité est ambigu, renchérit Valérie. Les mères sont toujours critiquées, quoi qu’elles fassent ! Si l’une décide de mettre son enfant en garderie alors qu’il est encore tout jeune, c’est presque vu comme de la négligence; si l’autre se retire du milieu du travail pour un moment, elle a perdu toute ambition et va passer à côté de sa vie ! » « Nous, on pense qu’on peut s’épanouir en restant à la maison avec des enfants, dans la mesure où on ne sombre pas dans la pauvreté, poursuit Marianne. C’est sûr que l’autonomie financière, on y tient ! Mon mari et moi, on est pigistes (spécialisés tous les deux dans les approches Web) et on songe à établir notre bureau à la maison, de manière à pouvoir veiller sur nos futurs enfants. » Si les cinq Moquettes veulent des enfants et une vie de famille, elles ne sont pas toutes pressées de faire le grand saut. Marie-Hélène semble pressentir avec le plus d’acuité qu’il y a un prix à payer pour être mère.

Tags: La Gazette des femmes

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